Lettre ouverte à la Direction Générale d’EDF ENR Solaire

Monsieur le Directeur Général,

Vous nous avez interpellés avec une très grande insistance lors du comité d’entreprise de décembre sur une soit-disante intervention de notre syndicat lors du Comité d’Entreprise Européen, vous accusant d’avoir une attitude de harcèlement à l’égard de Philippe MONCOTEL.

Cette interpellation méritait un droit de réponse de notre part comme nous l’avions évoqué lors de cette réunion mais à notre grand dam vous avez refusé de nous écouter lors du dernier comité d’entreprise du 13 février en quittant précipitamment la séance alors même que nous allions prendre la parole pour revenir sur ce sujet qui avait occupé la majeure partie de la précédente réunion.

Cette entrave à notre expression, malheureusement caractéristique de votre politique sociale, nous oblige donc à écrire cette lettre ouverte pour rétablir la vérité et notre honneur.

Après renseignements pris auprès du groupe CGT siégeant au CEE il s’avère que la CGT n’a fait strictement aucune intervention sur la situation de Philippe MONCOTEL. Pour preuve le projet de PV que nous nous sommes procurés, qui fait état de l’intervention de la CGT à la suite de la présentation de M. CAHUZAC en lui disant :

« Vous avez largement abordé le volet industriel, mais vous avez en face de vous des syndicalistes, attachés aux conditions de travail des salariés, à l’organisation du travail, à la santé et à la sécurité, et vous n’avez pas parlé de ce qui se passe chez EDF EN. Où en est le dialogue social à EDF EN ? Pensez-vous qu’EDF EN pourrait être une sorte d’antichambre d’un modèle social d’EDF ? Les organisations syndicales françaises, et notamment la CGT, sont plus qu’attachées au statut historique des industries électriques et gazières et ont des inquiétudes par rapport au climat social d’EDF EN. En effet, nous avons quelques retours, notamment d’EDF ENRS. Et des inquiétudes par rapport à la complexité sociale que peut représenter la structure d’EDF EN du fait de salariés répartis un peu partout dans le monde, des difficultés par rapport à la politique de mobilité, à la gestion des effectifs. »

Nous sommes donc scandalisés d’avoir été sommés de nous expliquer sur cette fausse intervention en allant même jusqu’à nous faire la morale sur la manière de mener notre action syndicale, avec l’appui sans réserve des élus CFTC.

Nous n’avons pas de leçon à recevoir d’une direction qui pratique la manipulation des débats par de la fausse polémique, le dénigrement et l’intimidation à l’égard de nos revendications et de nos camarades, tout ça dans l’objectif principal d’écarter du débat les vrais sujets et de casser toute véritable expression syndicale.

S’il y a une chose qui est certaine c’est que Philippe MONCOTEL a fait une alerte auprès de la commission éthique ainsi qu’une démarche prudhommale.

Au-delà de ces procédures dont il reviendra à ces instances de juger de la recevabilité des accusations, il s’agirait plutôt de se demander comment l’entreprise en est-elle arrivée là alors que le point de départ de cette situation à été le suicide de Xavier LUCIANI que vous avez du reste très vite oublié au point d’en faire complètement abstraction dans votre message de fin d’année.

Pour nous, si nous en sommes là c’est parce qu’il aurait fallu aller regarder dans l’organisation du travail ce qui a pu déclencher ce drame plutôt que de laisser pourrir une situation et désigner officieusement par la force des choses un responsable.

Mais encore faudrait-il pour cela que l’entreprise ait l’honnêteté de remettre en question de manière complètement impartiale les conséquences de son organisation du travail dans les très mauvais résultats sociaux et économiques de ces 5 dernières années.

Ce droit de réponse sous cette lettre ouverte s’agissant d’une nouvelle polémique infondée prouve malheureusement une nouvelle fois qu’elle ne semble pas en avoir la capacité.

Tout comme le prouve également un autre fait d’entrave, beaucoup plus grave, dont nous avons eu connaissance dernièrement s’agissant d’une alerte qu’une Médecine du travail vous a adressé personnellement en date du 17 Mai de l’année dernière qui visait à alerter l’entreprise sur « la présence de risques psycho-sociaux » chez des salarié-es et sur la « nécessité de s’interroger sur l’organisation du travail qui génère ces risques ».

La gravité de cette entrave réside dans le fait que cette alerte n’a fait l’objet d’aucune suite de votre part et n’a pas été relayée auprès des représentants du personnel comme l’exige l’a loi ; cette loi qui est si facilement brandi lorsqu’il s’agit de faire peur aux salarié-es…

  • Comment est-ce possible qu’en 2017, soit presque 4 ans après nos premières alertes et 2 ans après l’enquête d’un cabinet extérieur, nous en soyons toujours à parler de risques psycho-sociaux dans l’entreprise ?
  • Comment est-ce possible de cacher une telle alerte de la Médecine du Travail en pleine enquête du CHSCT sur les circonstances du suicide de Xavier ?
  • Jusqu’à quand poursuivrez-vous cette attitude de déni permanent face à toutes nos remontées d’alertes concernant les contraintes de travail subies par les salarié-es ?
  • Jusqu’où irez-vous dans le dénigrement et les obstructions à notre action syndicale qui ne vise qu’à défendre l’intérêt des salarié-es ?

Sans doute pariez-vous sur les effets de votre communication interne et de votre politique sociale de terre-brûlée dans le renouvellement prochain des instances de représentations du personnel afin de disposer d’une délégation majoritaire d’élus béni oui-oui et complaisants pour continuer d’entériner la totalité de vos projets, y compris ceux visant à réduire les effectifs de l’entreprise.

Mais nous sommes dans le groupe EDF, et vous avez en face de vous un syndicat qui dispose de la force et du soutien entier de la CGT (1er syndicat représentatif du groupe), qui continuera de s’impliquer en comptant sur la clairvoyance des salarié-es pour que nous ne soyons enfin plus considérés comme des employé-es de seconde zone du groupe EDF.

 

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