NAO 2018 : une rude négociation pour des bouts de chandelles

La CGT représentée par son délégué syndical est arrivée lors de la 1ére réunion du 15 janvier 2018 en mettant sur la table l’ensemble de ces revendications ci-dessous tout en apportant ce commentaire :

« nous sommes conscients qu’il ne sera pas possible de tout faire rentrer dans l’enveloppe des NAO 2018 mais il y a des points parmi ces revendications qui sont importants à considérer pour réduire d’une part les inéquités sociales et pour donner d’autre part un élan de motivation aux salariés avant d’aborder cette année qui sera intense du fait des objectifs fixés en B2C ; et qu’il faudra d’ores et déjà considérer les revendications non satisfaites pour les voir aboutir l’année prochaine »

REVENDICATIONS CGT

1/. Rémunération / partage de la valeur ajoutée

– accorder une augmentation collective de l’ordre de 1% pour couvrir à minima l’inflation. Il n’est pas acceptable pour nous que des salariés baissent en pouvoir d’achat d’année en année. → 40 % des salariés ont bénéficiés d’une augmentation individuelle l’année dernière mais on ne sait pas à quel taux ils ont été augmentés !, ce qui veut dire que plus de 60% des salariés ont clairement perdus en pouvoir d’achat et ce d’autant plus que la prime de compétitivité a été réduite de 0,5% entre 2016 et 2017 (de 1,5 à 1%) !!    (cela a même été accentué par les propos de la direction générale qui a indiqué lors de cette réunion qu’un salarié a bénéficié d’une augmentation de salaire à 2 chiffres car il n’était pas payé conformément à sa qualification…,sic)

– mise en place un 13éme mois

réaménagement et revalorisation de la prime d’ancienneté par la mise en place d’une prime forfaitaire pour tous les salariés avec paliers supplémentaires au-delà de 9ans    → volonté de supprimer une prime indexée sur le salaire qui accentue les écarts entre salariés, et du seul déplafonnement qui profitera uniquement aux gros salaires de l’entreprise

– supprimer les jours de carence en cas d’arrêt maladie pour les employés/ouvriers et agents de maitrise    → il s’agit là de rétablir une égalité professionnelle avec les cadres qui sont les seuls à ne pas avoir de carence

– réactualisation des barèmes de remboursement des frais qui n’ont pas évolués depuis 2008 + autoriser le remboursement des diners même s’il n’y a pas de découchage le même soir

– revoir le forfait de grand déplacement pour les techniciens en sortant du forfait le déjeuner ou en augmentant le forfait de 15€

– mettre en place les tickets restaurants pour les salariés qui s’en trouvent injustement privés (conducteurs de travaux, chefs d’équipe, techniciens de maintenance et ingénieurs d’affaires)    → pour rappel ou information, les directeurs de l’entreprise qui ont un salaire autrement plus confortable bénéficient eux des tickets resto !!

2/. Qualité de vie au travail

En nous appuyant sur l’enquête My EDF 2017 (une fois n’est pas coutume) qui a révélé une augmentation de 5% des salariés qui n’étaient pas satisfaits de l’équilibre vie privée / vie prof. (de 31 à 36%) :

– mise en place d’un accord sur l’utilisation de la messagerie en dehors des heures de travail et sur l’utilisation des outils numériques plus globalement comportant notamment :

  1. l’instauration d’une plage horaire de trêve pour la réception de mails internes à l’entreprise durant les temps de repos
  2. l’interdiction d’être récepteur d’une sollicitation professionnelle durant les temps de repos

→ il s’agit là d’une proposition de la CGT concernant la déconnexion numérique qui a été prise en compte dans les nouvelles lois travail

3/. Gestion des emplois et des parcours professionnels

– mise en place d’un dispositif de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences
– mise en place d’un document sur les conditions de la mobilité professionnelle ou géographique interne à l’entreprise

 

REVENDICATIONS CFDT

De son côté la CFDT par l’intermédiaire de son délégué syndical a mis sur la table seulement 2 revendications :

– le déplafonnement de la prime d’ancienneté en maintenant l’indexation sur le salaire (creusant ainsi les écarts)
– la revalorisation des forfaits de grand déplacement (sans proposition précise)

 

PROPOSITION DE LA DIRECTION : des miettes à négocier par les syndicats

Suite à la prise de parole des organisations syndicales, la direction représentée par son Directeur Général a indiqué que l’enveloppe d’augmentation 2018 serait de 1,5% de la masse salariale de l’entreprise et vouloir toujours favoriser les augmentations individuelles (…) en se réservant 1,2 % pour des augmentations à la tête des salariés et en ne laissant que 0,3% à la main des organisations syndicales !!!

Bref, un véritable mépris à l’égard des syndicats qui aurait valu une unité entre nous pour nous opposer à ces miettes et réclamer une augmentation significative de la part collective ! mais nous nous sommes bien malgré nous heurtés à nouveau au mal de notre entreprise : la suffisance syndicale…

 

 

 

« NEGOCIATION »

Après avoir été le seul à batailler pour défendre l’intérêt de revoir de manière significative cette prime de grand déplacement au bénéfice des ouvriers, le DG a proposé au final une revalorisation du forfait de base passant de 77 € nets à 86,6 € nets avec 3 propositions de prime brute à + 5€ ou +7,5€ ou +10€ (sachant qu’une prime brute de + 10€ ne permettrait alors plus de pouvoir modifier le plafond de la prime d’ancienneté de 100 à 150 € comme le demandait la CFDT car l’enveloppe des 0,3% serait alors dépassée).

Les discussions se sont donc poursuivies de manière très cordiale entre la CFDT et la Direction Générale pour essayer de trouver un point d’équilibre entre la revalorisation de cette prime de GD et la modification du plafond à 150 € et la CFDT a alors proposé de positionner le curseur de la prime de GD sur 7,5€ pour satisfaire en priorité les hauts salaires de l’entreprise ayant le plus d’ancienneté. Le fond de commerce électoral quoi !

Notre représentant CGT a alors indiqué qu’une revalorisation de ce niveau n’était pas suffisante pour les ouvriers et marqué clairement son désaccord à sacrifier une mesure à l’égard des petits salaires au bénéfice d’une autre pour les plus gros salaires !

L’avant dernière réunion du 26 février s’est ainsi terminée sur cette position de refus de notre part, en avertissant que ça pouvait clairement remettre en cause la signature de la CGT à ces NAO.

 

Dernière réunion du 19 mars : la CGT quitte la négociation suite au manque de respect affiché par le Directeur Général

Toujours dans l’objectif de ne pas être en conflit direct entre syndicats et pour recentrer le problème à sa source, nous avons donc entamé cette dernière réunion en indiquant :

  1. « que nous ne souhaitions pas rentrer dans une concurrence entre syndicat sous prétexte qu’il faille rentrer dans cette toute petite enveloppe de 0,3% fixée par la direction qui d’ailleurs n’allait pas permettre de faire du collectif puisque cela n’impactera que 60/70 salariés de l’entreprise »
  2. « que nous respections la revendication de la CFDT sur la modification du plafond de la prime même si nous aurions préféré un autre aménagement plus équitable »
Nous avons proposé à partir de là  « de modifier cette enveloppe pour la passer à 0,4% afin de satisfaire les 2 revendications » et, devant le refus catégorique du Directeur Général de revaloriser l’enveloppe des négo. de seulement 0,1% et l’attitude ferme et brutale qu’il a eu à l’égard de notre délégué syndical, ce-dernier a donc décidé de quitter cette dernière réunion !!

 

RETROPEDALAGE DISCRET DE LA DIRECTION GENERALE

Une dizaine de jours après, nous nous sommes finalement rendus compte à la lecture du projet d’accord que la direction avait finalement rétropédalée en consentant finalement à accéder à notre dernière demande d’augmenter l’enveloppe de 0,1%… mais sans que nous n’en ayons été informés !

Le but évident pour la CFDT étant de récolter les fruits de notre négocation sans avoir versé une quelconque goutte de sueur, et pour l’entreprise d’ostraciser encore plus notre syndicat pour mettre en avant son partenaire social priviliégié et continuer ainsi à danser la gigue avec lui, au détriment de l’intérêt de tous les salariés.

 

CONCLUSION

Ce qu’il faudra surtout retenir (au delà des bien maigres avancées sociales) c’est :

  1. qu’il aura fallu que nous quittions la table des négociations pour que la Direction Générale consente à accepter notre demande sur la revalorisation de la prime de GD
  2. sans cela, la CFDT aurait préféré baisser cette prime pour favoriser les hauts salaires, plutôt que de défendre le bout de gras auprès de la Direction.

La supercherie n’a que trop durée, à bons entendeurs..

 

Imprimer cet article Télécharger cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *