EDF ENR Solaire : La prime de compétitivité et ses conséquences sociales

Entre prime de compétitivité et sous-traitance : le travail détaché et la mise en concurrence de nos emplois

La prime de compétitivité vecteur de dumping social et de précarité

Plutôt que de s’intéresser aux véritables problématiques qui plombent chaque année les résultats d’EDF ENR Solaire (*), la direction, main dans la main avec la CFTC, a préféré concentrer son attention sur la baisse des « coûts » de la sous-traitance et rentrer dans une course effrénée au moins disant social même si :

  • ces sous-traitants emploient des travailleurs détachés venant d’Europe de l’est ou du sud comme nous avons pu l’observer à plusieurs reprises sur des chantiers B2B (témoignage des clients à l’appui) et sur les chantiers SHELTER
  • ce « coût de pose externe » est utilisé pour concurrencer l’emploi de nos propres salariés

L’entreprise se cache bien de le présenter comme ça mais il faut bien comprendre que l’un des objectifs majeurs de cette prime de compétitivité est de privilégier le recours à de la sous-traitance (obsession récurrente de la direction depuis plusieurs années) et low-cost de préférence!

Ces coûts sont ensuite directement comparés à ceux de nos techniciens, (sans aucune véritable correction des coûts indirects générés par la sous-traitance), dans l’objectif évident de mettre en concurrence nos salariés et de leur faire comprendre au passage qu’il sera vain dans ce contexte de réclamer une quelconque augmentation de prime de grand déplacement ou toute autre amélioration de leurs conditions de travail.

Lorsque nous avons « négocié » avec l’entreprise le renouvellement de cette prime nous avons donc posé cette condition préalable : que l’entreprise s’engage formellement à ne pas travailler avec des sous-traitants employant des travailleurs détachés.
Elle s’y est opposé prétextant simplement que ce n’était pas interdit par la loi et qu’à partir de là elle ne voyait pas où était le problème. Même son de cloche du côté de son partenaire social privilégié…

Fin de la discussion, fin de la négo, fin du problème ?

Il s’agirait tout de même de prendre du recul et de s’interroger sur les conséquences de cette politique de dumping social, que ce soit au sein de notre entreprise et de nos emplois, qu’au niveau même des conditions de travail des travailleurs détachés eux-mêmes et plus largement.

Pour ce faire nous avons souhaités en premier lieu vous recommander la lecture d’articles de presse ou l’écoute et le visionnage de reportages décrivant la réalité des conditions de travail et de vie des travailleurs détachés, et la conséquence pour la société.

(*) absence d’une véritable stratégie d’entreprise, figuration institutionnelle à des coûts disproportionnés, absence d’investissements sur les marchés d’appels d’offre CRE, organisation du travail déficiente, …

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→ Salaire amputé, logement indécent et droits bafoués : bienvenue dans la vie d’un travailleur détaché article de Bastamag.net.

→ Les travailleurs détachés, arme du dumping social article d’Alternatives Economiques

→ Les travailleurs détachés : Les forçats de l’Union européenne podcast de l’émission Les Pieds sur terre sur France Culture

→ Salariés à prix cassé : le grand scandale thème de l’émission Cash Investigation

→ Travailleurs détachés à 2,22 euros de l’heure sur un chantier PV article du journal Sud-Ouest

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Parler du coût du travail revient à le mépriser et par là même mépriser l’humain

Il s’agit également de se poser la question si c’est ce modèle d’entreprise dans lequel nous voulons travailler ?

Celui qui considère les salariés de l’entreprise comme étant des charges plutôt que des travailleurs qui produisent de la valeur ?

Celui qui profite du chômage et de la pauvreté des travailleurs pour continuer à gaspiller par ailleurs ?

Pour reprendre des mots très justes du comédien Philippe TORRETON dans L’Humanité du 13 mai 2016 
:

Le travail n’est pas une charge de plus pour l’entreprise, il est la condition sine qua non de l’existence même de l’entreprise, il est à l’origine de la valeur ajoutée de cette entreprise. 

Réduire le travail à un coût au même titre que l’encre des imprimantes, les trombones, le chauffage et la clim, c’est marchander l’humain, le rationaliser, c’est du taylorisme qui n’en finit pas d’abrutir l’homme.

Souvenons-nous que les cadres de l’entreprise avaient retenu en 2014 dans le cadre du projet Cap 2017 plusieurs valeurs pour définir l’identité de l’entreprise EDF ENR Solaire avec parmi elles celle du RESPECT.

Force est de constater que cette valeur, comme d’autres du reste, semble être tombée aux oubliettes, comme un vulgaire tract électoral un lendemain de campagne tant l’écart entre la réalité et les belles paroles est abyssal.

Lorsque l’on voit où Cap 2017 nous a finalement amené cette année (une baisse de salaire et de pouvoir d’achat pour 60% des salariés, et la suppression de 52 postes depuis 2014) il est très difficile de d’entrevoir du RESPECT dans cette politique sociale !
Nous nous devons donc d’être plus que vigilants avec maintenant Cap 2020 qui nous est lancé comme de la poudre aux yeux pour ne pas voir la réalité en face.

Les élections pour le renouvellement des représentants du personnel se profilent, il est donc grand temps que l’on prenne notre destin en main pour ne pas le regretter plus tard.

→ Rejoignez-nous pour les prochaines élections afin de constituer une liste représentant la vraie valeur travail

faites passer le message!!!

Il est temps de s’impliquer, de s’intéresser, et de choisir des représentants qui défendrons les intérêts de tous et pas seulement les leurs, au détriment des autres.


            

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