La charte éthique d’EDF : un outil de communication pour plaire aux clients et aux actionnaires

La lecture de cet article ci-dessous de Médiapart sur la manière dont EDF a traité un cas intolérable de racisme dans son entreprise, et notre triste expérience au sein d’EDF ENR Solaire (1) du traitement des alertes éthiques par sa commission nous conduisent vers une évidence : la charte éthique n’est rien de moins qu’un outil de communication pour plaire aux clients et aux actionnaires mais n’est certainement pas fait pour servir les intérêts des salariés victimes de discriminations ou d’atteintes à leur dignité.
En effet, lorsque EDF se retrouve à devoir répondre d’un manquement aux accord collectifs de lutte contre les discriminations, le groupe limite alors clairement la portée de sa démarche éthique en s’appuyant sur une circulaire du ministère du travail selon laquelle, à la différence des règlements intérieurs, « les déclarations d’intention se référant à des valeurs éthiques de façon vague sont un outil de communication de l’entreprise ». Elles sont donc « dénuées de valeur normatives […] et ne peuvent donner lieu à un manquement de l’employeur ».

En d’autres termes, la charte éthique n’est qu’une déclaration d’intentions qui n’engagent que ceux qui y croient.

(1) la commission éthique a été saisie en 2015 pour des écarts de conduite du Directeur Général de notre entreprise et en 2016 pour ceux d’un Directeur d’activité.
Les conclusions de l’enquête (qui n’a donné lieu à aucune interview..) ont données lieu à un « circulez, il n’y a rien à voir » pour le Directeur Général pourtant coutumier de l’invective, ce qui a entraîné en quelque sorte une banalisation de ce comportement dans l’entreprise. Et c’est ainsi qu’il y a seulement encore quelques jours, un Directeur des Ventes cette fois-ci a essuyé « des tirs » (pour reprendre l’expression utilisée dans l’entreprise) de la part du même DG lors d’une réunion collective.
Pour la seconde alerte éthique qui visait un autre Directeur des Ventes s’agissant d’insultes et de provocations proférées à l’encontre d’un représentant du personnel et du Conseillé Solaire qu’il représentait, les faits bien qu’ayant été unanimement reconnus n’ont conduits à aucune sanction.
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Racisme en entreprise : EDF refuse de faire la lumière (Mediapart) – 3 mai 2017
Par Michaël Hajdenberg

Said Ali est employé chez EDF. En janvier 2016, son casier a été ouvert, son fascicule avec des extraits de prières du Coran brûlé et recouvert de l’inscription « FN 2017 ». Aux prud’hommes, il reproche à l’entreprise de n’avoir rien fait contre un climat raciste et de l’avoir discriminé dans son évolution de carrière. 

Said Ali, devant la salle d'audience des prud'hommes © MH

Le 20 janvier 2016, quand Said Ali, employé chez EDF, ouvre son casier pour enfiler son bleu de travail, il y découvre son livret de prières du Coran partiellement brûlé et barré de l’inscription « FN 2017 ». Ces faits sont établis. S’ils étaient évoqués, ce mercredi 3 mai, devant le conseil des prud’hommes de Paris, c’est parce qu’Ali Said considère que la réaction de son employeur, ou plutôt son absence de réaction à la suite de cet événement traumatisant, constitue « l’acmé » d’une discrimination subie depuis des années. Sa difficulté, comme souvent dans ce type de dossiers, est de le prouver…

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